LA PAZ (Mexique)

EXCUSUM DU RETARDUM

Tout d’abord, petit mot : désolé pour le décalage plus qu’horaire ! Je suis grave à la bourre dans la tenue du site, et ce n’est pas notre séjour à Cuba d’un mois (qui vient de se terminer), qui aura permis de rattraper le retard !! (Internet c’est un peu le tiers-monde là-bas… mais on en reparlera dans un prochain article 😉 ).

Donc sans plus attendre, voici enfiiiin l’article sur la Paz, première vraie étape de notre séjour mexicain !!

 


BAJA CALIFORNIA

Pour commencer, un peu de géo rapidos. La Baja California (ou « Basse Californie ») est une longue péninsule, située tout à l’ouest du Mexique. Elle commence au nord par Tijuana, et se termine au sud par Cabo San Lucas.

Elle est bordée à l’ouest par l’océan Pacifique, et à l’est par la Mer de Cortez.

Cette péninsule de 1700kms de long (et entre 40 et 230 kms de large) abrite un écosystème particulier. En termes de faune marine on y trouve toute une variété de baleines, requins, raies géantes, tortues qui y vivent en permanence ou qui viennent de manière saisonnière. Au niveau des terres : on y trouve quelques montagnes, du désert de pierres, du cactus à gogo, ainsi que plusieurs zones de forêts sub-tropicales.

 

Pour le moment nous sommes toujours tout au Nord de la péninsule, à 40mn de Tijuana. Nous étudions tranquillement depuis Ensenada la manière dont on va aborder cette Baja California. Notre cœur balance entre : louer une voiture et descendre tranquillement les 1700 bornes pour atteindre la ville de la Paz (qui se trouve quasiment à la pointe sud), ou aller directement à la Paz en vol interne.

Nous votons à l’unanimité pour la 2èmeoption. Yep, après 5 semaines de road trip aux USA, on a envie de se poser un peu…Nous allons probablement rater une chiée de coins fantastiques (parait que la région centrale de la Baja California est incroyable), mais on se dit que l’on va gagner à découvrir de manière un peu plus approfondie le sud de cette région.

C’est décidé, on alourdit encore notre dette carbone en se prenant un vol Tijuana-La Paz, et on se reserve online un airbnb pour 2 semaines.

 

Nous prenons à l’arrache un bus de ligne qui passe à côté de notre logement de Ensenada, et nous revoilà à Tijuana, cette fois à l’aéroport.

1h30 plus tard, nous survolons La Paz, en bavant sur les hublots de notre petit avion… Au large de la côte, on aperçoit ce qui semble être des îles top paradisiaques !

 

Je lis dans vos pensées et entends « Mais au fait La Paz, c’est en Bolivie !! Ils ont bouffé trop de Peyotl ou quoi ??!! ». Et bien comme toi, je ne savais pas qu’il y avait aussi un « La Paz » au Mexique (ou alors t’es hyper balaise en géographie).


LA PAZ, ON Y EST !

Arrivés à l’aéroport de La Paz, nous louons une petite voiture (une Nissan March). Les démarches sont un peu plus longues qu’aux USA. On ne comprend pas pourquoi, mais il nous faut pas loin d’une heure pour enfin avoir les clés de voiture (alors que nous étions les seuls clients J).

La Nissan March est une toute petite voiture, pas plus grande qu’une Twingo. L’idée de louer une voiture ici est de pouvoir se déplacer en journée vers quelques coins autour de la Paz. Donc pas besoin d’un gros véhicule pour trimbaler nos bagages.

Sauf que pour aller de l’aéroport jusqu’à notre airbnb : c’est soit nous, soit nos bagages !! Solution : Claudia, Luca et Nino prennent un Uber (yep, il y a aussi des Uber au Mexique !), et moi je les suis avec les bagages dans la Nissan. Mais le taxi roule plus vite que moi, et je les paume… C’est là que je découvre les joies des villes mexicaines, calquées en partie sur le modèle américain : des rues quadrillées et numérotées, mais avec comme particularité de disposer des carrefours à quadruple Stop tous les 30 mètres… Imagine-toi… tu roules 30 mètres, et tu t’arrêtes à un stop. Les 3 autres voitures provenant des 3 autres routes s’arrêtent aussi. C’est le 1erarrivé qui passe. Une sorte de jeu d’observation et de courtoisie auquel tu joues toutes les 20 secondes ! La Paz n’est pas très grand, mais le airbnb se trouve tout au bout de la ville, à 6kms de l’entrée de la ville… J’peux te dire que ça en fait des coups de freins !  L’adresse que j’ai reçu par email semble précise, mais mon GPS ne la trouve pas. Je me fie aux indications figurant sur l’annonce airbnb, mais impossible à trouver !! Je tourne en rond avec ma Nissan, seul avec tous les bagages, en mode transpi-totale, sans savoir si le reste de la famille a pu arriver ou non à destination !! 1 heure après, juste avant le coucher du soleil, par miracle, je trouve enfin ! Ouf, le taxi avait bien pu déposer toute la famille à bon port.

 

Le airbnb est nickel. Il s’agit d’une casa gérée par John, un français installé au Mexique depuis plusieurs années. Franchement top confort pour un prix ultra mini ! Salon, cuisine équipée, 2 chambres, le tout situé à 4 coins de rue du « Malecon », qui correspond à la zone animée de front de mer : bar, resto et autres vendeurs de rue.

 


PARANO TO NOSTALGIE

Autant le dire tout de suite : ces 2 semaines nous ont semblé être 4 jours !! Le temps est passé à une vitesse de folie !

La première impression de départ a été un peu spéciale. En effet, plusieurs personnes aux USA nous avaient mis en garde à propos du Mexique, en nous disant « méfiez-vous », « c’est dangereux », « ne sortez pas le soir »… Propos appuyés par ce que nous avions lus sur plusieurs sites de « conseils aux voyageurs » : « Attention sur les routes », « Il y a de faux policiers qui volent les touristes ou font des rapts », « Attention aux cartels de drogues qui s’affrontent parfois à coup de mitrailleuses », avec un article de presse racontant une fusillade monstrueuse il y a quelques années à La Paz, faisant plusieurs victimes, justifiant la levée de plusieurs millions de pesos visant à déployer en conséquence un énorme service police-sécurité.

En arrivant à la Paz, qui ressemble un peu par endroit à une ville ghetto, j’avais un œil devant, derrière, à droite, à gauche. Prêt à esquiver d’éventuels méchants mexicains en mydriases armés de fusils ou de machettes géantes. Bref à donf sur mes gardes…Mexican Parano !! J’ai même été surpris que John (le gars du airbnb), ne nous ait pas mis en garde à notre arrivée, pas même avec un petit « Sortez pas le soir, t’chicos ! »

Mais rapidement, nous avons pu gouter à l’ambiance particulière de cette ville… Pour finir, on s’y est presque senti chez nous… Nous n’y avons rencontré que sympathie, gentillesse, sourires, sérénité, générosité… Le psychotage-formatage s’est tranquillement effacé, pour finir par ressentir de la nostalgie le jour de notre départ de La Paz.

 

Ces 15 jours ont été un enchainement de journées qui ne semblaient durer que quelques minutes ! Les quelques sorties que l’on s’est faite ont été : la plage de Balandra, L’ile de Esperitu Santo, Cabo Pulmo, Todos Santos. Le reste du temps : chill à la casa, parties de pêche avec les potes pécheurs du Malecon, et voilà quoi ! On a pu partager le quotidien des gens de La Paz, vivre un 24h de pluie et d’inondation, fêter leur jour de l’indépendance (15 septembre), participer à des concerts sur le Malecon, etc…

 

Bon, ok, voici quand même quelques détails et résumés de plusieurs de ces petits moments :


PLAYA BALANDRA (et les autres)

La Paz est du côté de la mer de Cortez, on y trouve donc des plages de sable fin, hyper propres, à l’eau tranquille, chaude, claire comme pas possible. Balandra constitue l’une de ces plages, à 30mn à l’extrême pointe que constitue la baie de la Paz.

On s’achète du matos de snorkeling (d’ailleurs cet achat pourrait constituer un article à part entière tellement c’était folklo…), et go pour profiter de cette mer-piscine qui contraste avec le houleux Pacifique que l’on avait côtoyé jusqu’à présent.

Bon, en fait, je n’ai aucune photo à vous montrer de ces plages-ci, j’ai à chaque fois oublié de prendre mon appareil photo ! Mais heureusement, Claudia a sauvé les meubles en prenant au moins ce cliché avec son smartphone.

 

Smartphone-Quality 🙁
Y a la gopro aussi !

 


ESPERITU SANTO

L’île d’Esperitu Santo se trouve à quelques petits kms de La Paz. 2 attraits principaux : Les phoques avec lesquels il est possible de nager, et les plages vierges. En saison (plutôt vers février), on peut voir et snorkeler avec des requins baleines.

On a bien vu les phoques, mais pas nagé avec eux… ils préféraient dormir au moment où l’on est arrivé avec notre bateau. Mais pô grave, on a pu apprécier les eaux de différentes couleurs et pu snorkeler comme des braves.

 


CABO PULMO

Cabo Pulmo est un petit village à 3h au sud de La Paz, qui a vu le jour grâce à sa barrière de corail, classé patrimoine de l’UNESCO.

C’est donc bien pour faire du snorkeling (=masque-tuba) que l’on se décide à prendre la route. Comme ce n’est pas à côté, on prévoit d’y passer une nuit, histoire de bien profiter pépère du lieu.

Le départ pour ce village a commencé par un petit coup de stress. A peine parti de La Paz qu’une voiture de flics nous arrête après avoir passé un feu rouge. 3 agents. L’un d’eux s’approche de notre voiture et commence à nous causer à travers la fenêtre à travers laquelle il nous sert la main en nous disant : « Vous avez passé le feu au rouge ». Euuuuh, t’es sûûûûr ?? Il nous explique que nous sommes passé au feu vert clignotant, qui précède le feu orange, qui précède le rouge. Et, nous dit-il, au vert clignotant : il faut s’arrêter… Je ne mets pas en doute sa bonne foi, mais j’me rappelle pas avoir passé au feu vert-clignotant… ! Mais bon, ils sont 3, et j’imagine qu’ils sont assermentés…

« Tienes que pagar una multa de 2000 pesos »  nous dit-il  (« Vous devez payer une amende de 2000 pesos » (100 euros))… On se regarde, un peu grave dégoutés… ! Il demande mon permis et les papiers de loc de la bagnole, et commence à écrire sur un carnet, tout en nous posant des questions du genre : Où logez-vous, où allez-vous, etc…  Avec notre espagnol de vache, on lui répond, puis on commence à essayer de lui dire que c’est un peu la misère pour nous, que cette amende va vraiment nous poser problème en terme de budget-voyage, etc… Il continue à nous baragouiner des trucs qu’on capte à moitié mais on comprend qu’il faudra aller payer cette amende au commissariat quand on reviendra de Cabo Pulmo. Au bout d’un moment, alors qu’on avait l’impression qu’il écrivait un roman sur son carnet (ou alors il faisait semblant d’écrire ??), il nous regarde et dit : « Vous avez envie de ne payer que 500 pesos (25 euros) ? ». On se regarde et on se dit : bin mon con, tu penses bien !! Incrédules de l’entendre dire que l’amende se divise par 4 d’un seul coup, on se demande où est l’arnaque !! Va-t-il nous demander de lui payer direct « à la mano » ?… ? On tente de lui demander une explication à propos de ce gééénéreux geste. Il nous répond encore un truc qu’on capte pas, puis après encore avoir griffonné on-sait-pas-quoi sur son carnet pendant des plombes, il nous dit finalement : « Bon, c’est bon vous ne payez rien ». Whhhaaat ?? Il conclut en nous faisant une morale à 2 balles, en disant de faire gaffe avec les feux rouges, que pour les enfants ça peut être dangereux, et bla et bla et bla. Il nous rend les papiers et basta.

On se remet en route, contents d’avoir pu garder 2000 pesos. Pourtant on commence à se poser des questions : Et si c’était des faux flics ?? On avait lu que cela existe dans certaines régions du Mexique… On commence à se faire des films : et si en fait il avait pris nos coordonnées pour braquer notre logement pendant notre virée à Cabo Pulmo ? Nan… on ne lui a pas donné notre adresse, et la réservation avait été faite via Airbnb où je suis enregistré sous un pseudo. Bah alors, peut-être qu’il a relevé mon identité et qu’il va demander une rançon à ma famille en France ?! (Parait que ça se fait aussi au Mexique !!). A l’évocation de cette parano-idée, Nino hurle : « Faut qu’on trouve du wifi et prévenir Papy et Mamy !!! ». T’inquiète ! lui dis-je. Ni Papy ni Mamy ne parlent espagnol (ni anglais d’ailleurs), donc même si ces éventuels-faux-flics les appellent pour demander des millions de dineros, ils ne capteront rien et penseront que c’est du spam téléphonique 😀

On décide de choisir la désinvolture, et on continue notre route pour Cabo Pulmo. On verra bien à notre retour si une surprise nous attend ou pas…

 

 

L’arrivée finale au village de Cabo Pulmo se fait via 30kms de pistes complètement défoncée. Notre Nissan March a bien eu mal, mais pas de dégât ! Le village est plus que pittoresque : une route-piste en « L » autour de laquelle se trouve les modestes casas des habitants du village et les « Cabanas » pour visiteurs. Nous trouvons l’une de ces « Cabanas », une sorte de hutte qui fonctionne au solaire. Lieu envahi de moustiques, entourés de cocotiers, mais qui a un côté magique qui nous fait rester une nuit de plus que prévu (et on a déjà presque oublié l’histoire du potentiel-faux-flic).

On passe une demi-journée sur la mer avec la compagnie locale « ecoadventure ». Ils nous emmènent vers 4 spots de snorkeling.

La barrière de corail en elle-même est sympa, mais pas folichonne… la plupart des coraux semblent morts. Pourtant la partie magique de cette sortie en mer arrive : un ban énoooorme de gros poissons (je ne sais plus de quel poiscaille il s’agit… désolé pour les puristes). Des milliers qui nagent lentement ensemble dans cette eau incroyablement claire, formant une langue immense, se transformant parfois en une sorte de tourbillon pour donner l’impression qu’ils sont une seul et même immense bête (j’imagine que c’est une stratégie visant à se protéger des prédateurs ?). On nage juste au-dessus d’eux, on les suit, heureux comme des gosses avec notre tuba dans la bouche.  Mais regardez plutôt :

 

Coup de cœur pour Cabo Pulmo ! On espère que la route restera aussi difficilement praticable encore plusieurs années, permettant de limiter le tourisme de masse pour ce petit coin de paradis.

Retour le lendemain pour La Paz. En arrivant sur la grande avenue périphérique, je vois dans mon rétro une bagnole de flics. Je mobilise toute la famille pour m’aider à bien regarder les feux rouges !! Pas envie de rejouer la même scène qu’il y a 2 jours !! La voiture finit par nous doubler par la droite, et… on reconnait la bande de flicos qui nous a arrêté avant-hier !! Mais cette fois ils filent tout droit. Ni Papy ni Mamy ne semblent avoir reçu de demande de rançon, notre logement n’a pas été violé, on peut continuer à profiter du voyage sans soucis 😀

 


TODOS SANTOS

Petit village situé de l’autre côté, sur le bord du Pacifique. Endroit bien cool, avec quelques galeries d’art locale. L’après-midi se termine par une pluie diluvienne au moment où l’on se rapproche des vagues du Pacifique. Seuls sur cette immense plage, mer déchainée, eau hyper chaude. Pur moment de kif dans les vagues, sous la pluie. Magique. Pas de photo (car mon appareil était resté bien au sec dans la voiture, mais quelques séquences vidéos tournées par Claudia (qui sauve encore les meubles avec son smartphone)

 


24h DE PLUIE A LA PAZ.

Dans cette partie du Mexique, il ne pleut pas souvent, mais quand ça commence à flotter, on le remarque clairement tout de suite :D. Les systèmes d’évacuation sont quasi inexistants, ce qui fait que l’eau du ciel s’écoule à travers les rues des villes, pour finir par rejoindre la mer.

Il n’a pas plu tant que ça (pas plus que dans le Nord un jour de printemps quoi !!), mais voilà le résultat après seulement 15h de pluie

 


PECHE AU MALECON DE LA PAZ

Pécher a été l’activité principale de notre séjour ici. Pas besoin de permis pour aller taquiner du gardon, alors Luca et Nino se sont fait plaiz ! Tous les jours (ou presque), ils passent quelques heures au bord du Malecon, en compagnie de gars du coin qui ne font que ça toute les journées. Malgré la différence d’âge, de beaux liens d’amitiés se sont créés, avec bien sûr la découverte de la technique de pêche à la La-Pazienne ! La plupart des gens ici n’ont pas de canne à pêche, ils utilisent une bonne vieille bonbonne de déo ou un tube en plastique sur lequel ils enroulent le fil et attachent le plomb et l’hameçon. Au bout de celui-ci : un peu de pâte (mélange de farine et de flotte) qui permet d’attraper du petit poisson. Une fois capturé il attache l’appât vivant ou découpé sur un plus gros hameçon et rebalance le tout dans l’eau pour choper du plus gros. On se construit un truc idem pour Nino, et vamos !!

Du coup, on a mangé plusieurs soirs du poisson bien frais :D

 

 


TCHAO LA PAZ (SANS LUNETTES…)

Pour faire suite à l’histoire des lunettes que Luca avait paumé dans le Pacifique de Trump : Walmart USA Lompoc doit nous envoyer les lunettes au Walmart de La Paz. N’ayant pas de news, on contacte Walmart USA via Email. « Les lunettes sont prêtes, sont envoyées, mais le colis est bloqué à la frontière à Tijuana » nous répondent-ils.

Purée, on est des maudits de la poste !!! La veille de notre départ de La Paz, colis toujours bloqué… Bon, on verra bien… Luca commence à s’habituer sans lunettes… on va réfléchir à comment faire… Pour l’heure on quitte La Paz avec pas mal de nostalgie le … :XXXXXX. Prochain objectif : le Yucatan !  Tout à fait de l’autre côté, vers l’Atlantique.

Et pour conclure, quelques photos du Malecon de La Paz qui figurera dans notre listing des « lieux à retourner un jour »…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

6 commentaires